• Maths : Aider les élèves qui n'ont pas acquis la conservation des quantités

    Vous travaillez avec un/des élèves qui ne semblent pas avoir acquis solidement la conception de nombre ?

    Ils ne comprennent pas qu'une dizaine et dix unités c'est pareil ?
    Que 4x3 ou 3x4 c'est la même chose ?
    Que dans leur addition, la dizaine en trop peut basculer dans la colonne suivante sous forme de retenue ?

    Et s'il n'avaient pas acquis la notion de conservation ?

    Maths : Aider les élèves qui n'ont pas acquis la conservation des quantités

    La conservation des quantités, c'est quoi ?

    C'est une des compétences logiques de base, tout comme la classification, l'inclusion, la sériation... Des compétences bien utiles pour comprendre tout un tas de choses en mathématiques (mais pas seulement). 

    Comprendre la conservation, c’est savoir qu’une quantité reste identique même si elle change d’aspect, quelles que soient les transformations que nous effectuons sur elle :

    • Si on distribue des cartes équitablement, j'ai toujours autant de cartes que mon voisin, même si j'en ai fait un petit tas et que lui, les a alignés en une grande ligne.

      Maths : Aider les élèves qui n'ont pas acquis la conservation des quantités.

    • 100g de fromage restent 100g de fromage une fois râpés, même s'ils forment une grosse montagne comparé au petit bout de fromage de départ.

      Maths : Aider les élèves qui n'ont pas acquis la conservation des quantités.

    • Si mon frère et moi avons les mêmes briquettes de jus de fruit, nous en avons toujours autant, même si mon frère l'a versée dans un verre haut et mince et moi dans un verre bas et large.

      Maths : Aider les élèves qui n'ont pas acquis la conservation des quantités.

    La mauvaise maîtrise de la notion de conservation des quantités peut être source de nombreux conflits entre enfants ;)

    De plus, les enfants non conservants sont constamment dans le flou en mathématiques car ils ne savent jamais s'ils ont affaire à la même quantité. Ils doivent sans cesse vérifier, recompter, hésitent, se contredisent...

     

    Comment savoir si la conservation des quantités est acquise ?

    On peut distinguer deux types de quantités:

    1. Les quantités discontinues : On peut les dénombrer (jetons, billes...). Les "1" sont visibles.
    2. Les quantités continues : On ne peut pas les dénombrer (liquides, sable, pâte à modeler...). Les "1" ne sont pas visibles. Elles se mesurent avec les unités du système métrique (gramme, mètre, litre...)

    Je commence toujours en testant la conservation des quantités discontinues (Plus facile à appréhender) :

    On peut faire un petit TEST très simple et très classique (Conçu à la base par Piaget et Szeminska. Voir l'ouvrage "La genèse du nombre chez l'enfant"). Il suffit de quelques jetons de couleur.

    Voilà comment je m'y prends :

    Je dispose une rangée de 6 jetons rouges devant moi.
    Je donne à l'élève un paquet de jetons bleus et lui demande d'en prendre pour qu'on en ait pareil. (Le mot "pareil" est généralement mieux compris des enfants que "autant")
    On obtient normalement quelque chose comme ça : 

    Maths : Aider les élèves qui n'ont pas acquis la conservation des quantités.

    Je m'assure que l'égalité est évidente pour lui : "Est-ce que c’est toi qui en a le plus ? Est-ce que c'est moi ? Ou est-ce que c'est pareil ? Comment tu le sais ?"

    Ensuite, j'opère, devant l'élève, des modifications sur une des 2 lignes. Par exemple, j'espace les jetons bleus. 

    Maths : Aider les élèves qui n'ont pas acquis la conservation des quantités.

    « Et maintenant ? Est-ce que c’est toujours pareil ? Est-ce que j’en ai plus ou est-ce que tu en as plus ? »

    Les enfants non conservants répondent qu'il y a plus de bleus.
    Les enfants qui semblent avoir acquis la conservation répondent que c'est pareil.

    Je demande toujours une justification : « Comment le sais-tu ? » Et je note la nature de la réponse de l'élève :

    Argument logique : pas de retrait/ajout (On n'en n'a pas enlevé, pas rajouté) ou réversibilité (on peut remettre comme avant)
    Argument empirique : comptage ou correspondance terme à terme

    Et pour déceler les élèves qui sont en cours d'acquisition de la conservation, j'amène toujours une contre-proposition

    Si la réponse de l’enfant est conservatoire : « Regarde comme cette ligne est longue, n’y a-t-il pas plus de jetons ? »
    Si la réponse est non-conservatoire : « Mais tu te rappelles, avant, on avait bien placé un jeton rouge devant chaque bleu… un jour, un enfant m’a dit qu’il y avait la même quantité de rouge et de bleus. Maintenant, que crois-tu ? »

    Je réitère avec quelques autres situations. Je repasse toujours par la situation de départ, et demande à l'enfant s'il on a bien pareil de jetons. Puis, je renouvelle les mêmes étapes avec une configuration différente :

    En plaçant les jetons d'une ligne en tas :

    Maths : Aider les élèves qui n'ont pas acquis la conservation des quantités.

    Même questionnement que dans la situation précédente.

    Dans cette situation, il n'est pas rare que les élèves qui n'ont pas acquis la conservation me disent : il y a plus de bleus parce qu'il y en a 6 alors que les rouges il y en a plus qu'un.

    D'autres disent qu'il y a plus de rouges parce qu'ils montent plus haut.

    On peut aussi placer les jetons en cercle :

    Maths : Aider les élèves qui n'ont pas acquis la conservation des quantités.

    La conservation des quantités discontinues est généralement acquise vers l'age de 5/6 ans en moyenne.

    On peut ensuite poursuivre en testant la conservation des quantités continues (Les "1" ne sont plus visibles).

    Pour tester la conservation des longueurs, je prends 2 baguettes de même longueur. Je les aligne.

    Maths : Aider les élèves qui n'ont pas acquis la conservation des quantités.

    Je demande à l'élève "Sont-elles de la même longueur ?" Généralement la réponse est oui. Si ce n'est pas le cas, je demande ce qu'il faudrait faire pour qu'elles soient de même longueur. (Certains élèves décalent légèrement l'une ou l'autre)

    Puis, je les décale :

    Maths : Aider les élèves qui n'ont pas acquis la conservation des quantités.

    "Et maintenant ? est-ce que la bleue est plus longue ? La violette ? Où elles sont de même longueur ?" "Comment le sais-tu ?"

    La conservation des longueurs est acquise plus tard, vers 7/8 ans en moyenne

    Je m'arrête généralement là, c'est bien suffisant pour savoir si l'élève en question tirerait profit d'un travail spécifique sur la conservation.

     

    Et comment on travaille la conservation ?

    On fait manipuler beaucoup, on questionne, on laisse parler les enfants entre-eux, on contre-argumente... et on laisse la compréhension émerger.

    Vaste programme. Je vais vous expliquer comment je procède pour la conservation des quantités discontinues.

    Je me suis inspirée d'un trèèès vieux livre : Avant le calcul de B.Beauverd aux éditions Dellachaux Niestle - 1967 (Il n'est plus édité, mais on le trouve parfois d'occasion) et j'ai aussi créé des situations à partir du matériel que j'avais sous la main, dans ma classe.

    Maths : Aider les élèves qui n'ont pas acquis la conservation des quantités.

     

    J'utilise les différentes situations en fonction des envies, besoins... dans un ordre qui varie souvent.

    J'ai récemment travaillé la conservation avec des groupes d'élèves de CP dans le cadre d'ateliers de prévention en mathématiques. Tous les CP de mon école de rattachement y sont passés (2 séances par groupe). A notre grand étonnement, beaucoup d'élèves n'étaient pas encore bien sûrs d'eux de ce côté-là. Je vais m'appuyer sur leurs propos pour vous expliquer tout ça. 

     

    Les gommettes

    Maths : Aider les élèves qui n'ont pas acquis la conservation des quantités.

     

    C'est la situation que je montre généralement en premier. C'est ma situation-test.

    "Si j'ai un travail à faire avec beaucoup de gommettes, il vaut mieux que je prenne quelle planche ?"

    Bien souvent, la majorité des élèves montrent une planche très rapidement, mais pas tous la même. (Souvent celle de droite tout de même). 

    "Très bien, c'est intéressant". Et je ramasse immédiatement. Je reprendrai la même situation en fin de séance, ça me permet de voir comment les élèves ont évolué.

    Le gilet

    Maths : Aider les élèves qui n'ont pas acquis la conservation des quantités.

    Moi : "Sur mon gilet, est-ce qu'il y a plus de boutons, plus de trous ou c'est pareil ?"

    Des élèves répondent "Oui, c'est pareil, 1-1... 1-1..." d'autres comptent...

    Si certains ne sont pas convaincus de l'égalité, on le boutonne :

    Maths : Aider les élèves qui n'ont pas acquis la conservation des quantités.

     

    Moi : "On est tous d'accord ? C'est bien pareil ? Ok ! Et maintenant ?" Je décale devant eux la rangée de boutons :

    Maths : Aider les élèves qui n'ont pas acquis la conservation des quantités.

    Les réponses sont immédiates : "Ouh lala, il y a plus de trous ! Ça dépasse en haut !" "Non ! Plus de boutons ! Regarde celui-là : il est en plus, il a pas de trou !" "Mais non ! C'est pas possible ! regardez, on peut remettre comme avant si on re-décale, donc c'est toujours pareil !" (Bon argument mais qui ne convainc pas toujours les camarades)

    On essaye de boutonner...

    Maths : Aider les élèves qui n'ont pas acquis la conservation des quantités.

    Je laisse les conversations s'installer. Parfois, pour relancer la conversation, je lance : "J'ai une idée !" Et je boutonne le bouton du bas avec le trou du haut. Ça fait beaucoup rire tout le monde et les discussions repartent de plus belle "Tu vois, je te l'avais dis, le bouton tout seul il est pas en plus, il va avec le trou tout seul.

    A ce stade-là, certains ne sont pas encore du tout convaincus. Mais je ne tranche jamais, je ne donne jamais la solution. Valable pour les situations qui suivront également. Je me contente souvent de reprendre les propos des élèves pour relancer les discussions : "Louise a dit que... Vous en pensez quoi vous ?"

    Même si un certain nombre d'élèves n'a pas vraiment compris ce qui était en jeu, on passe à une autre situation pour relancer le débat.

    Voitures et parking

    Moi : "Est-ce que j'ai plus de voitures bleues ? Plus de voitures rouges ? Ou c'est pareil ?"

    Maths : Aider les élèves qui n'ont pas acquis la conservation des quantités.

    Élèves : "Il y a plus de voitures rouges !"

    Moi : "Que faudrait-il faire pour qu'il y ait autant (=pareil) de voitures bleues que de voitures rouges ?"

    Élèves : "Il faut rajouter 2 bleues !" "Ou enlever 2 rouges !" (Etape importante pour induire l'argument logique lors de la seconde phase)

    Moi : "Ok..."

    Maths : Aider les élèves qui n'ont pas acquis la conservation des quantités.

    Moi : "Et maintenant ? Pareil ou pas pareil ?" A ce stade-là, en général, tout le monde est d'accord : "C'est pareil"

    Moi : "Maintenant je vais garer les voitures dans un parking." (plaque de mousse, tracés au feutre Posca blanc) :

    Maths : Aider les élèves qui n'ont pas acquis la conservation des quantités.

    Moi : "Et là ? Plus de voitures bleues ? Plus de voitures rouges ? Ou c'est pareil ?"

    Élèves : "Ouh... y'a plus de rouges ! Regarde, ça prend tout le parking !" "Oui, mais y'a des place vides, ça compte pas" "Et les bleues on pourrait les garer pareil que les rouges et ça ferait pareil"...

    Bref, vous avez compris le principe : la réflexion collective avance. C'est souvent au cours de cette situation que tout le monde commence à se mettre d'accord. 

    "On n'en a pas enlevé, pas rajouté... c'est pareil !"

    On peut proposer une autre configuration pour consolider les découvertes :

    Maths : Aider les élèves qui n'ont pas acquis la conservation des quantités.

    Les arbres

    Maths : Aider les élèves qui n'ont pas acquis la conservation des quantités.

    Moi : "Plus de pommiers ? De bananiers ? De cerisiers ? Ou c'est pareil ?"

    Élèves : "C'est pareil !"

    Moi : "Je vais les planter dans des champs "

    Maths : Aider les élèves qui n'ont pas acquis la conservation des quantités.

     

    Moi : "Où y a-t-il le plus d'arbres ? Dans le champs de pommiers ? De cerisiers ? De bananiers ? Ou c'est pareil ?"

    Les bananiers créent souvent la confusion chez certains élèves : "Y'a moins de bananiers, regarde : y'en a qu'un !" "Mais non, regarde, ils sont collés mais ils sont tous là : y'a 4 !" "4, 4 et 4 !" "Oui, mais ceux-là prennent plus de place !"

    Ça discute, ça discute...

     

    Les crayons et les pots

    Cette situation aide bien les plus récalcitrants.

    Maths : Aider les élèves qui n'ont pas acquis la conservation des quantités.

    Vous me voyez sans doute arriver avec mes gros sabots... "Plus de crayons ? Plus de pots ? Ou pareil ?"

    "Pareil !"

    "Oui. Et maintenant ?"

    Maths : Aider les élèves qui n'ont pas acquis la conservation des quantités.

    Élèves : "Y'a plus de crayons ! Ça dépasse des pots"

    Moi : "Et si je veux mettre un crayon dans chaque pot alors, qu'est-ce qu'il se passera ? Il va me rester des crayons ?

    Élèves : "Bah non ! On avait vu que c'était pareil... ah ! Mais alors c'est toujours pareil même si on a bougé les pots ! On peut remettre comme avant !" "En fait on a l'IMPRESSION qu'il y a moins de pots mais c'est pas vrai. C'est juste parce que tu les as rapprochés les uns des autres"

    On peut effectivement revenir à la situation initiale si nécessaire... ou essayer de placer les crayons dans les pots :

    Maths : Aider les élèves qui n'ont pas acquis la conservation des quantités.

     

    Ouf ! Ça marche !

    Bateaux, cerceaux, Playmo et cie

    D'autres possibilités, que j'utilise généralement moins... mais libre à vous de trouver celles qui conviennent, en fonction du matériel dont vous disposez.

    La mise en oeuvre suivante a l'avantage de ne nécessiter que du papier (5 bateaux rouges, 5 bateaux verts, un lac bleu clair, un lac bleu foncé, une île jaune). Le fait d'attribuer une couleur à chaque élément ou collection facilite les discussions : on parle des bateaux rouges ou du lac bleu foncé et tout le monde sait tout de suite de quoi on parle. Plus simple que "ce lac" ou "celui-là"

    Maths : Aider les élèves qui n'ont pas acquis la conservation des quantités.  Maths : Aider les élèves qui n'ont pas acquis la conservation des quantités.  

    Maths : Aider les élèves qui n'ont pas acquis la conservation des quantités.  Maths : Aider les élèves qui n'ont pas acquis la conservation des quantités.

    Dans la proposition suivante, même avantage que les crayons : on peut placer les personnages dans les cerceaux et poser des questions pour anticiper ce qu'il va se passer.

    Maths : Aider les élèves qui n'ont pas acquis la conservation des quantités.  Maths : Aider les élèves qui n'ont pas acquis la conservation des quantités.  

    Maths : Aider les élèves qui n'ont pas acquis la conservation des quantités.  Maths : Aider les élèves qui n'ont pas acquis la conservation des quantités.  

    Maths : Aider les élèves qui n'ont pas acquis la conservation des quantités.

     

    Fin de séance

    Vous vous souvenez des gommettes de départ ? Généralement, quand on les reprend à la fin, ce qui est frappant, c'est que les élèves ne répondent plus du tac-au-tac. Ils marquent un temps d'arrêt pour réfléchir et analyser la situation. Beaucoup se mettent à compter... et on s'aperçoit avec surprise que toutes les planches contiennent le même nombre de gommettes !

    Maths : Aider les élèves qui n'ont pas acquis la conservation des quantités.

    Bon, dans mon exemple, les résultats ont été assez rapides car c'était un travail de classe avec des élèves lambdas.

    Quand on travaille uniquement avec des élèves qui rencontrent des difficultés dans le domaine de la conservation, ça peut être plus long. Mais il se passe souvent beaucoup de choses dans leur tête d'une séance à l'autre. On est parfois surpris !

    Pour consolider les acquis

    Je me suis fabriqué un jeu de cartes avec des cartes vierges et des gommettes. Sur chaque carte, j'ai collé de 1 à 8 gommettes, si c'était à refaire, je crois que j'irais jusqu'à 10. 2 paires de cartes de chaque quantité (1 paire jaune, 1 paire verte), mais représentées avec des configurations différentes (sauf pour le 1 et le 0) : 

    Maths : Aider les élèves qui n'ont pas acquis la conservation des quantités.

    Je trouve que le jeu idéal, avec ces cartes, c'est la bataille.
    On cherche qui a le plus de points et si c'est pareil, il y a bataille. Les enfants ont spontanément réinvesti ce qu'on avait fait auparavant : "Tu as vu ! On dirait que Marie a plus que Théo mais en fait non. Ils ont 7 et 7. C'est parce que les points de Marie ils sont tous ratatinés ensemble." Pour gagner un peu en fluidité au cours du jeu, après quelques tours, on peut demander aux élèves d'annoncer le nombre de points quand ils jouent une carte.

    Pour varier un peu ensuite, vous pouvez jouer au mistigri (ou pouilleux) en rajoutant une carte adéquate (autocollant piqué à mes enfants)

    Maths : Aider les élèves qui n'ont pas acquis la conservation des quantités.

     Sous forme de Loto, ça peut fonctionner aussi.

    Vers les quantités continues

    Si on veut travailler sur les quantités continues (très intéressant également), une bonne transition peut être les transvasements de billes (quantité discontinue), pour évoluer vers les transvasements de liquides (quantité continue), en utilisant des contenants différents (bouteilles hautes et fines, verres bas et larges, plats...)

    Maths : Aider les élèves qui n'ont pas acquis la conservation des quantités.

    Pour la conservation des longueurs : baguettes (voir test), ficelles ou cordes (étalées en lignes droites, en cercle, mises en tas, enroulées sur un bâton...)

    Maths : Aider les élèves qui n'ont pas acquis la conservation des quantités.

    Pour la conservation des masses : sortez pâte à modeler et balances à plateaux. Prendre 2 boules de pâtes de même masse. Faire des transformations sur une des deux boules. La boule de pâte à modeler devient-elle plus ou moins lourde si on la sépare en 2 ? Si on fait un trou dedans ? Si on l’aplatit ?
    Le pèse-personne est aussi un très bon outil d'exploration (est-ce que je pèse pareil si je me mets sur une jambe ? En boule ? Avec les bras en l'air haut vers le ciel ?)

    L'essentiel étant toujours de trouver la manière d'amener les élèves à réfléchir sans leur donner les solutions pour que leurs conceptions puissent évoluer. On trouve de très bonnes mises en oeuvre de tout ça dans le livre dont je vais vous parler dans le paragraphe suivant.

     

    Pour aller plus loin

    Pour tout comprendre sur les compétences logiques (conservation mais aussi classification, sériation etc.) et avoir des pistes très concrètes d'activités pour les travailler, je vous conseille un livre que j'aime et que j'adore : Les Maths à toutes les sauces de Bernadette Guéritte-Hess et cie .

    On y apprend toutes les démarches et raisonnements pour travailler intelligemment dans diverses situations assez simples à mettre en oeuvre : transvasement de liquides, manipulation de marrons, constructions de balances rudimentaires etc. 

    Utile de la maternelle au CM2. Ce livre est une pépite.

    Les Maths à toutes les sauces
    de Bernadette Guéritte-Hess, Isabelle Causse-Mergui et Marie-Céline Romier

    Maths : Aider les élèves qui n'ont pas acquis la conservation des quantités.

    J'essayerai de compléter cet article avec un article sur la sériation puis un autre sur la classification. Si vous voulez être informé de la parution des prochains articles, vous pouvez vous inscrire à la Newsletter de Maitresseuh

    Maths : Aider les élèves qui n'ont pas acquis la conservation des quantités

    Et vous ? Vous abordez la conservation des quantités ? Comment ?

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  • Commentaires

    1
    Emmashell1
    Dimanche 2 Décembre à 10:56
    Emmashell1

    Excellent article !

    Toutes ces idées sont formidables. 

    Merci beaucoup pour les photos et les liens vers les ouvrages de référence. 

    Une prof (un peu en détresse) avec ses ce1 !

      • Dimanche 2 Décembre à 14:23

        Contente que tu ait trouvé ton bonheur dans cet article ;) J'espère que tu trouveras d'autres infos utiles ailleurs dans le blog pour soulager un peu ta détresse... pas fastoche le métier de prof

      • Lore
        Dimanche 2 Décembre à 16:07

        merci beaucoup pour tout ce travail! Les cartes vertes et jaunes, géniales!

        Merci !

        Lore

    2
    peggy
    Dimanche 2 Décembre à 13:36
    peggy

    Merci pour cet article et ton blog en général. Tu me donnes l'envie de progresser et de mieux aider les élèves. Bon dimanche !

      • Dimanche 2 Décembre à 14:22

        Heureuse que mon travail soit utile. Bon dimanche à toi aussi

    3
    marie
    Dimanche 2 Décembre à 13:46

    Un grand merci pour cet article éclairant et inspirant !

     

    4
    gaellesh
    Dimanche 2 Décembre à 17:45

    Immense merci, tes articles sont clairs et formidables. Je les fais souvent suivre aux enseignants des élèves que j'accompagne et ils sont ravis aussi. Plein d'idées très concrètes et cette fois-ci encore. Top ! Merci beaucoup de prendre ce temps de partage

    5
    Béa
    Dimanche 2 Décembre à 18:46

    Merci pour ton article. Je suis déjà impatiente de lire la suite. Je suis comme toi une grande fan de Madame Guéritte-Hess.

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    6
    mellechiffre28
    Mardi 4 Décembre à 12:23
    mellechiffre28

    Article TRES intéressant! J'imaginais sans mal les réactions des élèves :)

    Plus qu'à tester ;)

    Merci!

    7
    Claumasi
    Mercredi 5 Décembre à 09:57

    Merci beaucoup! Très bel article, et parfaitement bien illustré! En tant que psychologue, j'aime bien faire passer les épreuves piagétiennes aux enfants même si je n'ai pas toujours le temps, et surtout je ne vois jamais la remédiation ensuite... Là, ça me donne même envie de devenir maître E!

    8
    denise
    Mercredi 5 Décembre à 13:13

    Merci beaucoup pour cet article très intéressant.. et qui va m'être utile avec certains élèves que j'aide. Je pense acheter le livre "les maths à toutes les sauces " ! Je m'en régale d'avance . Merci pour tous ces partages, je suis Maitresse E pour la troisième année, sans avoir fait de formation spécialisée et ton blog m'aide bien à faire avancer ma réflexion et ma pratique .. 

    9
    Karine
    Mercredi 5 Décembre à 14:18
    bonjour, et un très grand merci! Tout est si clair, et si inspirant. Merci de prendre le temps de nous transmettre tous ces savoirs, et vivement la suite!
    10
    Mercredi 5 Décembre à 20:55
    Bonsoir,
    Bravo pour cet article ! Je suis prof de maths en collège et lycée et je viens de suivre une formation avec ANAE sur la remédiation logicomathématique. Je retrouve tout à fait ce que les différents intervenants nous ont dit sur le principe de conservation du nombre ! Concernant vos exemples, Rémi Brissiaud nous disait qu’il est plus pertinent de prendre au départ des collections qui s’apparient bien (par exemple bouteilles et bouchons) pour que l’enfant sente la nécessité de l’association. Parmi vos illustrations je retiens surtout le gilet qui est un super support de la vie quotidienne avec une association naturelle boutons-boutonnières. Bravo pour ce travail !
      • Mercredi 5 Décembre à 23:01

        Merci pour l'info. En effet je n'avais pas pensé à ce paramètre. La situation crayon / pot à crayon n'est pas mal non plus alors :) Je ferai attention à ça lors de mes prochaines séances à ce sujet. Merci :)

    11
    Jeudi 6 Décembre à 23:19
    julieh
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    Merci Léni pour tes articles. Comme tu le sais, je ne suis en revanche ici pas totalement en adéquation avec le contenu de ton article;) comme tu m’as invitée à formuler mes « critiques » dans les commentaires, les voici ;)

    • L’expérience que tu décris au début (celle de la conservation des nombres de Piaget) a été critiquée par plusieurs recherches, notamment sur le fait que la non réussite à cette expérience n’est pas forcément due à une non conservation du nombre : mais à la capacité des enfants à « prendre un temps de réflexion », à « inhiber des automatismes » : les enfants considérés par Piaget comme « non conservant » auraient en fait cette capacité, mais ne la montreraient pas dans cette expérience car cela « entre en compétition » dans leur cerveau avec la pensée que « plus c’est long, plus c’est grand ».

      Pour exemple, la même expérience a été reprise avec des bonbons au lieu de jetons, et les enfants ont miraculeusement réussi à trouver où il y en avait le plus, alors qu’ils étaient considérés comme « non conservants » avec des jetons (décrit ici : https://www.scienceshumaines.com/la-psychologie-de-l-enfant-quarante-ans-apres-piaget_fr_14714.html

    •  

      Ce « conflit intérieur » a été évoqué très tôt par par d’autres chercheurs avant Houdé, notamment par Bryant (très tôt) ici : https://www.persee.fr/doc/enfan_0013-7545_1976_num_29_4_2630

      (p 514)

     

    • Voici également une recherche (avec groupes témoins, et comparaison ensuite des deux groupes) qui montre qu’un entrainement sur des activités numériques fait vraiment plus progresser les élèves sur la compréhension du nombre (et sur la logique!) qu’un entrainement sur des tâches logiques type conservation du nombre.

      https://www.academia.edu/2773308/Training_effects_on_the_development_and_generalization_of_Piagetian_logical_operations_and_knowledge_of_number?fbclid=IwAR04eaXo_AIiB8KPs331GL0Aw0xY-njkN1Oz79kA7qgbLzDfZ4EAy1qK8D8

       

    Voilà, je suis bien sûr aussi ouverte au débat, c'est ça qui fait progresser ;) à très bientôt !



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