• Vous avez dans votre classe des élèves qui reviennent de récréation parasités par les petits conflits qu'ils viennent de vivre ?

    Ils passent le seuil de la classe rouges comme des tomates, tout ébouriffés et enragés par ce qui vient de se passer avec machin-chouette qui voulait jouer à chat-truc-muche mais après y'a truc-bidule qu'est arrivé et là il a dit que bidule-chose ne pouvait pas jouer et alors...

    Et alors dur dur de leur remettre la tête dans la technique de la soustraction avec retenue ou le règne de Charlemagne.

    Voilà donc peut-être de quoi les outiller pour faire face plus sereinement (Et puis ça tombe bien, c'est dans les programmes d'EMC)

    Aider les élèves à résoudre leurs conflits par eux-même

    Le message clair

    Les messages clairs font leurs chemins dans les écoles (et même sur Eduscol !), et pour cause : c'est un super outil.

    Aider les élèves à résoudre leurs conflits

    Le message clair est une petite formulation entre deux enfants qui sert à régler des petits conflits entre eux, sans faire intervenir un adulte. (Il est important de préciser aux enfants qu'en cas de violence par exemple, le message clair n'est pas approprié. Il faut faire intervenir un adulte.)

    Le principe du message clair est de s’intéresser aux solutions plutôt qu’aux raisons du conflit. 

    Il se transmet en 4 étapes : 

    1. "J'aimerais te faire un message clair" : L'autre est prévenu, les 2 élèves concernés se mettent à l'écart, pour avoir une conversation privée
    2. "Tu m'as fait..." : L'enfant explique ce qu'il s'est passé.
    3. "Ca m'a..." L'enfant exprime ce qu'il a ressenti. Par exemple : "Ca m'a énervé / vexé, fait peur / rendu triste / agacé / honteux / en colère, je me suis senti seul..."
    4. "Es-tu d'accord pour..." arrêter, t'excuser, réparer, ne plus recommencer... et/ou "Est-ce que tu as compris ?" 

    Si oui, la démarche est terminée

    Si non, et que les 2 enfants ne parviennent pas à se mettre d'accord, ils peuvent solliciter un adulte, ou un médiateur (Voir paragraphe suivant)...

    Il en va de même si l'élève interpellé n'écoute pas le message clair, rigole, se moque, ne comprend pas...

    Aider les élèves à résoudre leurs conflits

    Ci-dessus : Affiche aide mémoire que l'on retrouve dans les formations aux messages clairs de l'ICEM34
    (Allez y jeter un œil, on y retrouve aussi des cartes d'entrainement pour faire des jeux de rôle, des test pour devenir "maître message clair", des mises en situation des messages clairs "positifs" pour remercier, féliciter etc.)

    On retrouve la démarche et surtout des exemples concrets en cycle 2 et 3 dans une vidéo du CARDIE de Lyon :

    (Merci Amélie pour le partage)

     Pour que les enfants s’emparent de la démarche il est nécessaire : 

    • De leur faire découvrir ce qu'est un message clair (avec un exemple concret)
    • De leur expliquer dans quelles situations les messages clairs peuvent être utilisés : Pas pour des choses graves, pas pour des broutilles...
    • De leur apprendre la formulation. (Voir ci-dessus). Un entrainement pratique à partir de jeux de rôle est conseillé.

     Aider les élèves à résoudre leurs conflits

     Extrait du dossier de Sylvain CONNAC sur le site de l'ICEM :
    "Pour une école citoyenne à la mesure de tous : les enfants médiateurs"

     

    Enfin, on trouve sur @EMCpartageons une initiation au message clair à partir d’une courte séquence de deux séances adaptées au cycle 2, cycle 3 et l’ASH.

    bouton-sequence-message-clair

    Les élèves médiateurs

     Attention : ce ne sont pas des surveillants de cour.

    Ce sont des élèves à la disposition des autres pour les aider à résoudre leurs petits conflits.

    Ils sont généralement identifiés par des brassards ou des gilets.

    Voici un exemple de protocole qui peut être suivi :

    •  « Avez-vous déjà essayé de résoudre votre problème sans moi, avec un message clair par exemple ? » 
    •  « Etes-vous d'accord pour avoir l'aide d'un médiateur ? »
    •  « Que s'est-il passé ? » Le médiateur écoute les enfants, chacun leur tour, sans les juger. 
    •  Questions sur ce que chacun a ressenti : « Est-ce la vérité ? » « Qu'as-tu ressenti ? » « As-tu respecté les règles de l'école ? »
    • Appel à témoin (si besoin)
    • « Que pourriez-vous trouver comme solution ? » Les enfants sont invités à trouver des solutions ensemble, par eux-même. Le médiateur peut les y aider si besoin.
    • « Pour vous, le problème est-il résolu ? » Si c'est le cas, tant mieux. Si ce n'est pas le cas, il est nécessaire de se diriger vers un adulte.

    Un exemple d'application dans cette vidéo de l'Université de Paix : Graines de médiateurs :

     

    Les médiateurs sont généralement des élèves :

    • qui se sont portés volontaires,
    • qui ont suivi une formation de médiateur
    • et qui ont obtenu leur diplôme de médiateur.

     

    Des conditions favorables

    On aurait là de quoi faire un autre article sur le sujet, mais il me semble qu'il est important de le rappeler : à mon sens, ces dispositifs ne portent leurs fruits que s'ils sont mis en place dans des conditions favorables qui limitent l'émergence des conflits :

    • Proposer des alternatives au jeux violents à la récréation : jeux de cour, tracés, boîte à jouer...

    • Réduire le nombre d'élèves en faisant des récréations décalées
    • Avoir une surveillance active, et accueillir avec bienveillance les demandes des enfants
    • Et pourquoi pas, mettre en place un banc de l'amitié (Plus d'infos sur le blog "Ecole Petite Section" d'Isa)

    Aider les élèves à résoudre leurs conflits

    • Visionner la vidéo sur les 4 Accords Toltèques racontés aux enfants, ou comment devenir un chevalier des temps modernes :
    1. Utiliser les mots comme une ÉPÉE à double tranchant : Dire des mots qui font du bien plutôt que des mots qui font du mal
    2. Utiliser son BOUCLIER : Ne pas réagir personnellement : ne pas trop se laisser atteindre par les paroles des autres
    3. Chercher sa QUÊTE : Eviter de faire des suppositions, il vaut mieux aller chercher la vérité
    4. Garder en tête la RÈGLE DU CHEVALIER : Fais toujours de ton mieux

     (Merci Sandrine de m'avoir rappelé cette précieuse ressource)

     

    Pour aller plus loin...

     

    Dossier de Sylvain CONNAC sur le site de l'ICEM : "Pour une école citoyenne à la mesure de tous : les enfants médiateurs"

    Aider les élèves à résoudre leurs conflits

    « Contre violence et mal être, la médiation par les élèves », Publié en 1998 chez Nathan, actualisé et réédité en 1999, ce livre est maintenant épuisé mais consultable en ligne sur le site des médiacteurs :

    Aider les élèves à résoudre leurs conflits
    (Merci Marine pour l'info)

     

    Graines de médiateurs II – Guide pratique de l'Université de Paix : 

    Aider les élèves à résoudre leurs conflits

     

     

    Médiations sous le préau de Martine Mainenti et Jean-François Laurent :

    Aider les élèves à résoudre leurs conflits

    (Merci Estelle pour l'info)

     

    Les principes toltèques appliqués aux enfants: Pour un mode de vie en harmonie avec soi-même et les autres de Florence Millot

    Aider les élèves à résoudre leurs conflits

     

     

    Et vous ? Comment aidez-vous vos élèves à résoudre leurs conflits ? Vous avez déjà essayé ces pistes là ? Quels effets ?

     

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    2 commentaires
  • Est-ce que dans votre classe on retrouve parfois le schéma classique ?

    • Le maître / la maîtresse pose une question
    • Au mieux : Les élèves qui savent lèvent le doigt, vous les interrogez, ils répondent
    • Au pire : Les élèves qui savent répondent plus vite que leur ombre, avant même que quiconque ait pu amorcer un levage de doigt (ou une quelconque réflexion)
    • De temps en temps : Vous interrogez un élève "au hasard" (mais pas vraiment, puisque vous essayez de choisir celui qui risque de s'endormir) et 95% du temps il est incapable de répondre car son esprit était parti à 20 000 lieues de la classe.

    Si je récapitule, le nombre d'élèves réellement engagés dans le questionnement est souvent loin des 100%.

    Aider tous les élèves à participer pendant les phases orales

     

     

    Il y a quelques mois je suis tombée sur un article canadien très intéressant : L'art de questionner de façon efficace

     

    Aider les élèves qui ne lèvent jamais la main

    En fait, bien souvent, les élèves les plus en difficulté ont besoin d'un temps de réflexion plus long que les autres.

    Ils n'ont finalement que peu souvent l'occasion de mener leur réflexion jusqu'au bout pour pouvoir aboutir à une réponse. Et donc petit à petit, ils n'essayent même plus. La course contre la montre est perdue d'avance.

    Aider les élèves qui ne lèvent jamais la main

    L'enjeu est alors de faire en sorte que tous les élèves gardent leur réponse dans leur tête pendant un temps suffisant pour que tout le monde ait un temps de réflexion suffisamment long.

    Ce système est également bénéfique pour les élèves qui manquent de confiance en eux. Le fait d'avoir le temps de vérifier leur réponse avant de la donner est souvent rassurant.

    Retenir

    Dans les ouvrages Narramus, on retrouve cette notion. La règle est simple : les élèves devront RETENIR leur réponse, aux 2 sens du terme :

    1. S'en souvenir
    2. Ne pas la dire à haute voix

    Puis, au moment de la restitution de leur réponse, plusieurs possibilités :

    Souffler la réponse

    C'est une technique que l'on retrouve dans le "Whole Brain Teaching" : On demande aux élèves de souffler systématiquement dans leurs mains avant de donner une réponse (à voix haute, tous ensemble).

    Ça évite les réponses qui fusent et qui empêche les moins rapides de réfléchir.

    J'en avais déjà parlé dans l'article Aider les élèves qui "décrochent" pendant les phases collectives) (Vidéo à l'appui)

    Aider les élèves qui ne lèvent jamais la main

     

    Chuchoter la réponse

    Dans l'esprit de la solution précédente, on peut demander aux élèves de chuchoter la réponse tous ensemble après un décompte ou un signal de l'enseignant (Silencieux de préférence pour ne pas interférer avec la réflexion des élèves)

    Aider les élèves qui ne lèvent jamais la main

    Dans le document canadien dont je vous ai parlé plus haut on conseille un délai de 3 secondes minimum pour pouvoir voir une augmentation significative de la qualité et de la quantité des réponses des élèves. A moduler en fonction de la difficulté de la tâche.

     

    J'ai la réponse !

    On peut demander aux élèves de lever le pouce (mais sans lever le bras pour ne pas perturber les autres) quand ils pensent avoir trouvé la bonne réponse

    Aider les élèves qui ne lèvent jamais la main

    Ceci permet aux élèves :

    • De réfléchir sans avoir la pression des bras qui se lèvent petit à petit tout autour d'eux
    • D'indiquer qu'ils ont la réponse, même s'ils ne souhaitent pas la donner à toute la classe (encourage la réflexion)

    Ceci permet à l'enseignant de :

    • Se rendre compte du temps mis par chacun pour mener sa réflexion jusqu'au bout
    • D'estimer plus facilement le moment opportun pour commencer à interroger les élèves (On pourra alors demander aux élèves de lever la main, comme à l'habitude, pour demander la parole)

    Cette idée, une fois de plus, est tirée des fabuleux ouvrages Narramus.

     

    Cartons-réponse

    Pour certaines activités qui nécessitent des réponses en quantité limitées mais répétées, on peut préparer ou faire préparer aux élèves des cartons-réponses.

    Aider les élèves qui ne lèvent jamais la main

    Par exemple :

    - OUI / NON ou VRAI / FAUX

    - RÉPONSE A / RÉPONSE B / RÉPONSE C

    - PLUS GRAND / PLUS PETIT / EGAL

    - SINGULIER / PLURIEL

    A chaque question posée par l'enseignant, l'élève prépare le bon carton-réponse et le lève au signal donné par l'enseignant (Là encore on essaye de respecter les 3 secondes de réflexion minimum)

    Cette fois-ci l'idée est tirée de 100 idées pour apprendre à compter au quotidien avec de la monnaie de Bernadette Guéritte-Hess,‎ Marie-Line Chef San Marcelino et‎ Claudine Decour Charlet un petit livre que j'utilise beaucoup en ce moment avec un groupe d'élèves totalement réfractaire aux mathématiques mais qui accrochent à 100% à ce projet sur la monnaie :

    Aider les élèves qui ne lèvent jamais la main

     

     

    Et pour rompre la monotonie...

    Changez de stratégie régulièrement !

     

     

    Et vous ? Comment interrogez-vous vos élèves ?

     

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